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	<title>Théâtre Premier Acte</title>
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	<description>Théâtre Émergent</description>
	<lastBuildDate>Sat, 23 Apr 2011 13:57:08 +0000</lastBuildDate>
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		<title>Faire comme si</title>
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		<pubDate>Tue, 01 Feb 2011 13:24:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Christian</dc:creator>
				<category><![CDATA[Nouvelles]]></category>

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		<description><![CDATA[Il était une fois un enfant. Dès son plus jeune âge, il se révolta contre ses parents. L’enfant avait à peine commencé à parler qu’il revendiquait son droit à être différent. D’exposer au grand jour sa différence. Que celle-ci ne soit plus une source de honte, mais qu’elle devienne au contraire une source de fierté. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><!--StartFragment--></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: center;line-height: 150%"><strong></p>
<p></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top: 6.0pt;margin-right: 0cm;margin-bottom: 6.0pt;margin-left: 0cm;text-align: justify;line-height: 150%"><span>Il était une fois un enfant. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top: 6.0pt;margin-right: 0cm;margin-bottom: 6.0pt;margin-left: 0cm;text-align: justify;line-height: 150%"><span>Dès son plus jeune âge, il se révolta contre ses parents. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top: 6.0pt;margin-right: 0cm;margin-bottom: 6.0pt;margin-left: 0cm;text-align: justify;line-height: 150%"><span>L’enfant avait à peine commencé à parler qu’il revendiquait son droit à être différent. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top: 6.0pt;margin-right: 0cm;margin-bottom: 6.0pt;margin-left: 0cm;text-align: justify;line-height: 150%"><span>D’exposer au grand jour sa différence. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top: 6.0pt;margin-right: 0cm;margin-bottom: 6.0pt;margin-left: 0cm;text-align: justify;line-height: 150%"><span>Que celle-ci ne soit plus une source de honte, mais qu’elle devienne au contraire une source de fierté. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top: 6.0pt;margin-right: 0cm;margin-bottom: 6.0pt;margin-left: 0cm;text-align: justify;line-height: 150%"><span>Alors, l’enfant dans sa révolte s’est mis à porter pleinement cette différence qu’était la sienne. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top: 6.0pt;margin-right: 0cm;margin-bottom: 6.0pt;margin-left: 0cm;text-align: justify;line-height: 150%"><span>Et puis… </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top: 6.0pt;margin-right: 0cm;margin-bottom: 6.0pt;margin-left: 0cm;text-align: justify;line-height: 150%"><span>Et puis tranquillement, une fois l’enfant devenu adulte, sa révolte se transforma en une nouvelle forme de pensée unilatérale créant un système omniprésent qui se révéla, avec le temps, être tout aussi dogmatique que le système précédant.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: center;line-height: 150%"><span>*</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;line-height: 150%"><span>En 1970, dans la préface de Wouf Wouf de Sauvageau, Jean-Claude Germain écrit : « … une question qui est, à mon avis, primordiale : pourquoi depuis plus de vingt ans, auteurs et directeurs de théâtre ont-ils choisi, avec la complicité du public, d’identifier la réalité québécoise et ce, presque exclusivement, à une forme théâtrale aussi restreinte que le réalisme ou si l’on veut, le naturalisme des Gélinas, Loranger, Dufresne et Dubé ? Comment expliquer le fait que pendant ces dernières vingt ans, le réalisme théâtral québécois c’est à dire la forme, n’ait pas été remis en question, même si le contenu des pièces variait avec les auteurs ? Existe-t-il une relation entre ce monolithisme formel et le monolithisme politique qui correspond à la même époque? N’est-il pas également symptomatique que la vérité du réalisme demeure incontestée pendant les années de la très « contestable » Révolution tranquille ? »</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;line-height: 150%"><span>La dictature du réalisme, dont Germain semble exaspéré d’avoir vu durer déjà 20 ans au moment où il écrit ces mots en 70, continue donc de régner et oui, depuis maintenant plus de soixante ans.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;line-height: 150%"><span>Le mot<em> réaliste</em> est, il faut le dire, bien travesti. Notons au passage que le mouvement réaliste fut un mouvement artistique radical que le théâtre a assimilé vers la fin du 19<sup>ième</sup> et au début du 20<sup>ième</sup> siècle. Celui-ci s’opposait entre autre au lyrisme du romantisme. Rappelons aussi qu’à l’époque le mot <em>réaliste</em> voulait dire jouer comme si  nous n’étions pas au théâtre : aucune projection de la voix, jouer de dos au besoin, etc. Ce qui revient à dire qu’au-delà de la quatrième rangée de bancs il devait même être difficile de saisir ce qui pouvait être dit sur scène. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;line-height: 150%"><span>Mais ce n’est pas de ce réalisme là dont parle Germain, et la dictature qu’il évoque dure toujours, mais je la renommerais et je lui donnerais le nom plus actuel de <em>télévisisme.</em> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;line-height: 150%"><span>Oui certes, Germain dit de cette dictature qu’elle a lieu en complicité avec le public. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;line-height: 150%"><span>Vrai. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;line-height: 150%"><span>Mais comment le public peut-il vouloir autre chose s’il ne connaît presque rien d’autre puisqu’on lui sert plus ou moins le même plat depuis 60 ans et que l’idée qu’il se fait probablement de tout ce qui est autre est modelée par des présupposés péjoratifs que le dogme en place impute à tout ce qui diffère de lui.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;line-height: 150%"><span>En effet, au Québec, depuis que nous nous sommes révoltés contre le théâtre français et que nous avons commencé à jouer dans notre propre langue, toute incarnation qui s’éloigne de ce niveau de jeu pseudo réaliste convenu comme étant le niveau de jeu « juste » (devenu aujourd’hui ce que j’appelle le <em>télévisisme</em>),<em> </em>tout ce qui s’en éloigne, finira généralement par être taxé de formaliste et aura du mal à pouvoir se faire identifier ici comme véritable théâtre québécois. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;line-height: 150%"><span> </span>De plus, on accuse rapidement ces soi-disant « formalistes » d’être dogmatiques, d’être fermés d’esprit et d’exécrer tout ce qui ne ressemble pas à leur propre pratique, ce qui est faux. Ceux-ci sont en général ouverts à toutes les diverses formes qui s’éloignent du mode de jeu convenu et en les taxant de bornés la majorité qui vit dans le mouvement consensuel prouve bien que c’est elle qui embrasse un dogme, celui de ce fameux « réalisme », et qu’elle se ferme à toutes les autres pratiques. Et c’est par là même qu’elle se place au-devant de la nef dans la course à la fermeture d’esprit !</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;line-height: 150%"><span>S’il est un renversement à opérer c’est bien au sein de nos propres pratiques. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;line-height: 150%"><span>S’il est une guerre à faire, c’est envers nous-mêmes.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;line-height: 150%"><span>Il faut questionner le jeu. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;line-height: 150%"><span>Redéfinir à chaque fois ce que veut dire jouer.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;line-height: 150%"><span>Fabriquer une œuvre en continu dont chaque pièce fait écho avec ses précédentes et celles à venir et ainsi élaborer des langages théâtraux pour chacune d’entre elles, puisqu’elles sont uniques et qu’elles devraient toujours générer de nouvelles façons de faire et aider alors à redéfinir et renommer ce que veut dire jouer (bien que la recherche au sein d’une même œuvre mène inévitablement à des recoupements et c’est cela qui permet à une démarche inusitée de grandir et de se déployer, de surgir et de se modifier, d’éblouir et parfois aussi de rebuter). </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;line-height: 150%"><span>Mais ici, il semble que l’on soit peu enclin à récompenser la rigueur intellectuelle et les avancées artistiques. On préfère les statistiques. Et au fond, c’est vrai,<span> </span>pourquoi défricher de nouvelles avenues ? Car il apparaît que ce que vous faites importe peu. Tant que les statistiques disent que ce que vous faites se vend et qu’on vous l’achète, on continuera de vous appuyer. Et cela ne risque pas de changer. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;line-height: 150%"><span>Oh mais n’allez pas croire que je sois amer ou déçu. Il n’en est rien. L’amertume vient à celui qui vit enchaîné et pour être déçu il fallait d’abord avoir cru au conte de fées.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;line-height: 150%"><span>Cependant oui, je me réjouirais que nos gouvernements nous étonnent. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;line-height: 150%"><span>Mais si nous ne nous réinventons pas, si nous restons pris dans notre carcan, pourquoi eux le feraient-ils ? </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;line-height: 150%"><span>Pourquoi nous étonneraient-ils ? </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;line-height: 150%"><span>Et pourquoi demander de l’argent, faire de la politique et du lobby auprès des instances gouvernementales si les pratiques de ceux qui font les requêtes sont en général comme ce que l’on retrouve au petit écran et n’ont comme valeur ajoutée que la qualité d’être <em>live</em> ? </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;line-height: 150%"><span>Ça ne m’apparaît pas suffisant.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;line-height: 150%"><span>Attendre après l’argent des bailleurs de fonds est synonyme de mort rapide. Endosser leurs demandes de rentabilité à l’américaine est synonyme de mort lente des véritables pratiques artistiques.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;line-height: 150%"><span>Que nous reste-t-il ?</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;line-height: 150%"><span>S’avouer notre quasi incapacité à embrasser les grands mouvements contemporains et relever nos manches, car il y a beaucoup de travail à abattre pour nous mettre à jour et partager le foisonnement de formes actuelles du théâtre d’art avec notre assistance vieillissante et notre nouveau public à rallier qui a fait et qui fera son éducation sexuelle à coup d’ultraporno haute vitesse et qui ne demande qu’à s’en faire mettre plein la gueule. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;line-height: 150%"><span>N’allez pas non plus croire que je sois contre la tradition. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;line-height: 150%"><span>La tradition véritable nous permet de nous positionner en regard de notre époque et tout ce qui est vraiment de notre époque l’est en rapport avec la tradition. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;line-height: 150%"><span>Le<em> télévisisme</em> n’entretient cependant aucun lien avec la tradition. La tradition n’a rien à voir avec le dogme qui sévit encore, qui sévit même après qu’eu vu le jour, ici chez nous,<span> </span>le plus radical des radicaux; Claude Gauvreau et son langage exploréen.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;line-height: 150%"><span>La tradition offre à voir et à penser tous ces élans de réinvention de la roue.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;line-height: 150%"><span>D’ailleurs, à ce sujet, Tchekov n’était<span> </span>pas un auteur réaliste. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;line-height: 150%"><span>Il était à la limite d’être un auteur symboliste.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;line-height: 150%"><span>De mon point de vue, peut importe dans quel courant authentique il s’inscrit, l’art me paraît toujours comme une façon probante de nommer le monde, de le faire voir tel qu’il est sous une loupe qui pointe avec plus de précision que ne le fait l’information médiatique. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;line-height: 150%"><span>Mais le<em> télévisisme </em>n’est ni un courant ni un mouvement artistique et la preuve est que simplement en ajustant le niveau de lyrisme qu’on lui accole, il vous permet, comme ça tout bonnement, de passer de Tremblay à Racine, de Pinter à Shakespeare, de Virginie à Euripide etc. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;line-height: 150%"><span>Le <em>télévisisme</em> n’est que le fait du non questionnement, du pris pour acquis, du convenue et de l’admis. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;line-height: 150%"><span>Le théâtre est, je crois de mon humble avis, ce malentendu qui opère entre la scène et la salle et qui génère une poétique faisant sonner et résonner fort ce que tous entendaient déjà sûrement en sourdine mais que la plupart avait tout simplement préféré ignorer. Pratiqué avec rigueur et justesse il s’infiltre partout; dans l’intime, le social, le politique, etc.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;line-height: 150%"><span>Mais qu’est-ce que la rigueur ? Et qu’est-ce que jouer juste ?</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;line-height: 150%"><span>Quand j’étais plus jeune quelqu’un m’a suggéré ce qu’était probablement la grande différence entre un acteur professionnel et un comédien amateur : à différence du professionnel qui fait pour vrai, l’amateur lui fait semblant.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;line-height: 150%"><span>Il est vain de vouloir changer le monde si tu n’arrives pas d’abord à te changer toi-même. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;line-height: 150%"><span>Inutile est ta révolte si elle n’est que l’envie de mordre la main véreuse qui te nourrissait et dans laquelle tu mangeais avidement autrefois. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;line-height: 150%"><span>Ta « désobéissance » est factice si celle-ci se fait contre ce que tu continuerais volontiers à embrasser. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;line-height: 150%"><span>Bref, si elle n’est au fond que le désir de cracher sur un pain empoisonné dont tu raffolais et que tu as finit par détester uniquement parce qu’on te l’a enlevé de la bouche. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;line-height: 150%"><span>L’engagement véritable se fait d’abord de soi à soi. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;line-height: 150%"><span>Comme artiste, il est futile de vouloir te révolter si cette révolte n’est pas au cœur même de ta propre pratique artistique.<span> </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;line-height: 150%"><span>Par contre c’est vrai, vous avez raison, il est plus facile de faire « comme si ».<span> </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;line-height: 150%"><span>N’est-ce pas le propre de ce que l’on nous a appris ?</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;line-height: 150%"><span>Et de toute façon comme le dit Guy Debord : </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;line-height: 150%"><span style="color: black">« </span><span style="line-height: 150%;color: black" lang="FR">Dans</span><span style="color: black" lang="FR"> </span><span style="line-height: 150%;color: black" lang="FR">un</span><span style="color: black" lang="FR"> </span><span lang="FR"><a href="http://www.evene.fr/citations/mot.php?mot=monde"><span style="line-height: 150%;color: black;text-decoration: none">monde</span></a></span><span style="color: black" lang="FR"> </span><span lang="FR"><a href="http://www.evene.fr/citations/mot.php?mot=reellement"><span style="line-height: 150%;color: black;text-decoration: none">réellement</span></a></span><span style="color: black" lang="FR"> </span><span lang="FR"><a href="http://www.evene.fr/citations/mot.php?mot=renverse"><span style="line-height: 150%;color: black;text-decoration: none">renversé</span></a></span><span style="color: black" lang="FR">, </span><span style="line-height: 150%;color: black" lang="FR">le</span><span style="color: black" lang="FR"> </span><span lang="FR"><a href="http://www.evene.fr/citations/mot.php?mot=vrai"><span style="line-height: 150%;color: black;text-decoration: none">vrai</span></a></span><span style="color: black" lang="FR"> </span><span style="line-height: 150%;color: black" lang="FR">est</span><span style="color: black" lang="FR"> </span><span style="line-height: 150%;color: black" lang="FR">un</span><span style="color: black" lang="FR"> </span><span lang="FR"><a href="http://www.evene.fr/citations/mot.php?mot=moment"><span style="line-height: 150%;color: black;text-decoration: none">moment</span></a></span><span style="color: black" lang="FR"> </span><span style="line-height: 150%;color: black" lang="FR">du</span><span style="color: black" lang="FR"> </span><span lang="FR"><a href="http://www.evene.fr/citations/mot.php?mot=faux"><span style="line-height: 150%;color: black;text-decoration: none">faux</span></a></span><span style="color: black" lang="FR">. »</span><span style="line-height: 150%;color: black" lang="FR"><span> </span></span><span style="color: black"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;line-height: 150%"><span>S’il est un principe en place à renverser c’est bien celui-ci: arrêtons de faire « comme si » et commençons à faire vraiment.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;line-height: 150%"><span>Il ne me reste qu’à vous dire merci du fond du cœur d’avoir écouté ces mots, qu’à vous confirmer en public la même et ancestrale promesse de dévouement que chaque artiste authentique, au quotidien, se fait à lui-même, dans le silence. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;line-height: 150%"><span>Il me reste aussi à vous raconter une histoire, l’histoire d’un autre enfant qui avait toujours fait « comme si » mais qui un jour eut fini par atteindre l’âge de raison. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;line-height: 150%"><span>C’est alors qu’un véritable choix s’offrait à lui: allait-il continuer de faire semblant ou allait-il, de ses parents, enfin brûler la maison ?</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;line-height: 150%"><span> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;line-height: 150%"><span>Christian Lapointe </span></p>
<p><!--EndFragment--></p>
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		<title>L&#8217;hiver dedans</title>
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		<pubDate>Sat, 29 Jan 2011 15:59:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean St-Hilaire</dc:creator>
				<category><![CDATA[Nouvelles]]></category>

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		<description><![CDATA[L’hiver dedans Les Fêtes distraient. On se rencontre, on se tapisse la panse de douceurs, on malmène (sans remords) l’art des grands-parents, si bien qu’on diffère (avec remords) son second regard sur un petit Jésus de convention entraîné dans un petit monde en détresse… Retour sur L‘hiver dedans, de Maryse Lapierre, bourse Première œuvre de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p> L’hiver dedans</p>
<p>Les Fêtes distraient. On se rencontre, on se tapisse la panse de douceurs, on malmène (sans remords) l’art des grands-parents, si bien qu’on diffère (avec remords) son second regard sur un petit Jésus de convention entraîné dans un petit monde en détresse…<br />
Retour sur L‘hiver dedans, de Maryse Lapierre, bourse Première œuvre de Première Ovation pour 2010. Lue aux Impressions d’ici du Périscope, en décembre dernier, la pièce a ému. À raison car on y souffre avec fraîcheur, humour et intelligence. L’auteure est comédienne, ses dialogues coulent avec justesse, comme de source. Mais surtout, sa vision de l’intime se tisse finement au vague à l’âme de notre époque.<br />
L’œuvre est une touchante étude de la peine d’amour, de la solitude et d’un certain sentiment du vide. La protagoniste en est une jeune femme hantée par sa rupture d’avec son amant, une séparation brusque qu’elle n’arrive pas à s’expliquer. En exil de l’amour donc, elle déménage dans un logement où elle a pour voisin de palier un ingénieur, spécialiste des ponts de son état, un gars très solitaire, et partant, malhabile à relier les rives humaines. Cet ours social a une mère aimante et un peu couveuse, elle aussi habitée par une vive solitude depuis la mort de son mari. En visite chez son fils pour la Noël, elle y est surprise par une interminable tempête. Elle s’attarde donc, et comme elle est liante, elle noue amitié avec la fille d’à côté, sans arriver à ses fins de marieuse toutefois.<br />
Avec originalité et simplicité, le texte envoie face à face le vécu des personnages et l’expérience du public. C’est sa grande force. Il soulève des questions sur la perte d’amour, sur son absence, sur l’espace exigu de la spiritualité dans nos vies, et ce, sans donner de leçon. Tout ça est cristallisé par un élément de récit drôle qui accuse la perte de sens de la vie moderne. La jeune esseulée a commandé par Internet une crèche qui lui est parvenue sans petit Jésus… Ce n’est pas qu’elle prête beaucoup foi au poupon sauveur, mais le vide laissé par la figurine manquante la happe de toute sa puissance symbolique. La crèche sans Jésus, c’est la cassure avec une tradition en sursis, mais restée chère à notre soif de rituels ; c’est la nostalgie d’un mythe attendrissant, d’une vieille harmonie rompue sans qu’on ait prévu un ordre sensible pour la remplacer.<br />
La pièce ira en production, prenez rendez-vous avec elle. Sans accabler, elle invite à une salutaire méditation sur nos temps impatients et confus. Jouée en l’état où elle nous a été révélée en décembre, elle passerait le test de la scène. Mais elle peut aller plus loin dans sa volonté de transmettre un pouvoir au public. Un personnage reste un peu en plan, celui de l’ingénieur. Le texte ne le convie pas à son dénouement, l’abandonne un peu précipitamment à sa solitude. Il la qualifie bien, certes, mais l’homme la porte comme une telle chape de plomb qu’elle impose qu’on y voie de plus près. À quoi tient le désespoir de ce gars ? Pourquoi ce consciencieux traceur de ponts entre les humains s’interdit-il tout commerce avec leur quête d’amitié ou d’amour ?&#8230;</p>
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		<title>Rebut Total</title>
		<link>http://www.premieracte.ca/blogue/rebut-total/</link>
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		<pubDate>Sun, 07 Nov 2010 23:16:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Christian</dc:creator>
				<category><![CDATA[Nouvelles]]></category>

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		<description><![CDATA[REBUT TOTAL Enfants de la plan&#232;te Terre, pauvres ou riches, de la d&#233;couverte du feu jusqu&#039;&#224; aujourd&#039;hui rest&#233;s obnubil&#233;s par la question du progr&#232;s par besoin de confort et de s&#233;curit&#233;, par d&#233;sir de pouvoir et de prosp&#233;rit&#233; et autres n&#233;cessit&#233;s. &#160;&#160;&#160;Petit caillou flottant depuis quelque temps quelque part dans l&#039;univers, dont l&#039;infini donne le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span class="Apple-style-span" style="font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;font-size: 19px">REBUT TOTAL</span></p>
<p style="line-height: 30px;text-align: justify"><span style="font-size:14px"><font face="Arial, Helvetica, sans-serif"><span class="Apple-style-span" style="font-weight: normal;letter-spacing: normal;line-height: normal"><font face="Arial, Verdana, sans-serif"><span class="Apple-style-span" style="letter-spacing: 1px;line-height: 24px"><span class="Apple-style-span" style="font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;font-weight: normal;letter-spacing: normal;line-height: normal"><span class="Apple-style-span" style="font-weight: normal;letter-spacing: normal;line-height: normal;font-size: 19px"><span style="font-size:12px">Enfants de la plan&egrave;te Terre, pauvres ou riches, de la d&eacute;couverte du feu jusqu&#039;&agrave; aujourd&#039;hui rest&eacute;s<br />
	obnubil&eacute;s par la question du progr&egrave;s par besoin de confort et de s&eacute;curit&eacute;, par d&eacute;sir de pouvoir et<br />
	de prosp&eacute;rit&eacute; et autres n&eacute;cessit&eacute;s.<br />
	&nbsp;&nbsp;&nbsp;Petit caillou flottant depuis quelque temps quelque part dans l&#039;univers, dont l&#039;infini donne<br />
	le vertige ; l&agrave;, depuis toujours seul lieu habit&eacute; ? Pendant que meurent de faim les moins nantis, on<br />
	cherche, en vain, ailleurs l&agrave;-haut, une autre forme de vie. Nous invent&acirc;mes Dieu, ne pouvant<br />
	supporter l&#039;incompr&eacute;hension quant aux raisons de notre existence ici-bas.<br />
	&nbsp;&nbsp;&nbsp;Un grand peuple divis&eacute; par la foi, le savoir et les richesses de la terre. Tenu dans<br />
	l&#039;ignorance (par les dirigeants de ce monde) des faits r&eacute;els et dans l&#039;ignorance tout court, vivant<br />
	les yeux ferm&eacute;s, pr&eacute;f&eacute;rant ne pas reconna&icirc;tre la quasi-fatalit&eacute; du peu qu&#039;on nous laisse voir du<br />
	gouffre vers lequel cette &laquo; croissance &raquo; &eacute;conomique (seul vrai Dieu, adul&eacute; dans une foi aveugle)<br />
	nous a men&eacute;s et nous m&egrave;nera.<br />
	&nbsp;&nbsp;&nbsp;Grand peuple issu d&#039;un monde mercantile, peupl&eacute; de gens assoiff&eacute;s de sang, s&#039;entretuant<br />
	ou laissant leurs semblables mourir de faim au nom de la libert&eacute; et de la d&eacute;mocratie, de la peur et<br />
	du m&eacute;pris, h&eacute;ritiers des querelles ancestrales. Nos &eacute;coles sont presque des prisons o&ugrave; plut&ocirc;t que<br />
	de nous apprendre &agrave; penser, on nous apprend &agrave; produire. O&ugrave; plut&ocirc;t que de nous apprendre &agrave;<br />
	r&eacute;inventer de nouvelles fa&ccedil;ons de vivre, on nous apprend &agrave; vivre dans le rang, &agrave; ne rien changer, &agrave;<br />
	percevoir le monde et ses m&eacute;canismes comme d&#039;immuables rouages.<br />
	&nbsp;&nbsp;&nbsp;Grand peuple qui se reproduit dans la fatigue du corps et de l&#039;esprit quelque part dans<br />
	cette petite Voie lact&eacute;e et qui semble attendre qu&#039;un ennemi arrive du cosmos pour se rallier, ne<br />
	s&#039;&eacute;tant pas encore per&ccedil;u comme fr&egrave;res et soeurs, pr&eacute;f&eacute;rant faire semblant de ne pas voir que sans<br />
	l&#039;union des nations, le petit caillou sur lequel nous nous tenons est un gigantesque bouton de<br />
	d&eacute;tonation.<br />
	&nbsp;&nbsp;&nbsp;Notre destin sera-t-il &agrave; jamais souffl&eacute; en poussi&egrave;re dans l&#039;espace infini de l&#039;univers ou<br />
	enseveli sous une grande nappe de d&eacute;bris ?<br />
	&nbsp;&nbsp;&nbsp;Des r&eacute;volutions, chaque fois, redonnent espoir que nous nous en sortirons.<br />
	&nbsp;&nbsp;&nbsp;Des esprits indomptables se frappent contre la m&eacute;diocrit&eacute;.<br />
	&nbsp;&nbsp;&nbsp;Au fil des si&egrave;cles, des luttes se sont faites pour la pr&eacute;servation du bien commun.<br />
	&nbsp;&nbsp;&nbsp;Chaque victoire pour le Devenir semble suivie d&#039;une d&eacute;faite donnant une victoire de plus<br />
	aux exploitants.<br />
	&nbsp;&nbsp;&nbsp;Nous vivons de plus en plus ferm&eacute;s les uns aux autres. Les fronti&egrave;res qui s&#039;ouvraient se<br />
	referment sans cesse. Nos dirigeants se serrent la main entre eux comme ils le font avec les<br />
	directeurs de multinationales lors des voyages fastes o&ugrave; ils n&eacute;gocient les pots-de-vin donnant<br />
	acc&egrave;s aux ressources de leur pays, laissant &agrave; ces compagnies le pouvoir de les extraire jusqu&#039;&agrave;<br />
	&eacute;puisement. Les exceptions existent. Elles se font rares mais salvatrices.<br />
	&nbsp;&nbsp;&nbsp;L&#039;art, lui, quand il existe encore, donne la naus&eacute;e aux ap&ocirc;tres du kitsch. Les poncifs de la<br />
	rentabilit&eacute; &eacute;conomique massacrent la beaut&eacute; d&egrave;s qu&#039;elle se pointe le bout du nez.<br />
	&nbsp;&nbsp;&nbsp;Il est grand temps qu&#039;un choc immense nous r&eacute;veille. Que la soif de justice et d&#039;&eacute;quit&eacute;<br />
	s&#039;infiltre partout. Que nous r&eacute;apprenions &agrave; lire les &eacute;crits qui cherchent &agrave; b&acirc;tir un monde d&#039;espoir<br />
	et d&#039;humanit&eacute;.<br />
	&nbsp;&nbsp;&nbsp;Osons croire que le langage nous permet encore d&#039;&eacute;veiller les consciences, d&#039;&ecirc;tre le lien<br />
	qui nous donne la chance de s&#039;unir et de communiquer. Osons croire qu&#039;avec le langage nous<br />
	dirons tout ce qui doit &ecirc;tre dit, au risque d&#039;y laisser nos vies dans l&#039;espoir de sauver celles de nos<br />
	petits-enfants, de faire de la lumi&egrave;re dans la noirceur de notre &eacute;poque domin&eacute;e par<br />
	l&#039;abrutissement des nations au profit des pompeurs de goudron.<br />
	&nbsp;&nbsp;&nbsp;Les questions que nous posons rendent peut-&ecirc;tre trouble l&#039;eau qu&#039;encore nous pouvons<br />
	boire, mais elles soul&egrave;vent la boue qui s&#039;accumule au fond de la marre.<br />
	&nbsp;&nbsp;&nbsp;Que sont devenus nos r&ecirc;ves ?<br />
	&nbsp;&nbsp;&nbsp;Le vertige s&#039;empare de nos esprits quand nous voyons dispara&icirc;tre les horizons de<br />
	l&#039;ouverture au profit de la b&ecirc;tise.<br />
	&nbsp;&nbsp;&nbsp;Le cynisme tente de se loger en nous, nous emp&ecirc;chant ainsi d&#039;agir et de construire un<br />
	monde de paix et d&#039;&eacute;galit&eacute;.<br />
	&nbsp;&nbsp;&nbsp;Nous demandons unilat&eacute;ralement l&#039;utilisation unique d&#039;&eacute;nergies propres, l&#039;interdiction de<br />
	br&ucirc;ler du p&eacute;trole et la d&eacute;militarisation compl&egrave;te de l&#039;ensemble de la plan&egrave;te.<br />
	&nbsp;&nbsp;&nbsp;Des milliards de fois nous creusons notre tombe sous le couvert de la productivit&eacute;.<br />
	&nbsp;&nbsp;&nbsp;Peu importe le Dieu pour qui l&#039;on se bat, jamais il ne pourra sauver l&#039;humanit&eacute; de sa<br />
	propre capacit&eacute; &agrave; s&#039;enfoncer dans le bourbier qu&#039;elle a engendr&eacute;.<br />
	&nbsp;&nbsp;&nbsp;Ne laissons pas la peur nous dicter comment agir.<br />
	&nbsp;&nbsp;&nbsp;Pour que jamais l&#039;on n&#039;oublie ce contre quoi l&#039;on se bat, j&#039;&eacute;num&egrave;re ici ce que l&#039;on tente en<br />
	vain de nous faire croire :</span></span></span></span></font></span></font></span></p>
<blockquote>
<p style="line-height: 30px;text-align: justify"><span style="font-size:14px"><font face="Arial, Helvetica, sans-serif"><span class="Apple-style-span" style="font-weight: normal;letter-spacing: normal;line-height: normal"><font face="Arial, Verdana, sans-serif"><span class="Apple-style-span" style="letter-spacing: 1px;line-height: 24px"><span class="Apple-style-span" style="font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;font-weight: normal;letter-spacing: normal;line-height: normal"><span class="Apple-style-span" style="font-weight: normal;letter-spacing: normal;line-height: normal;font-size: 19px"><span style="font-size:12px">la croissance &eacute;conomique est essentielle &agrave; toute prosp&eacute;rit&eacute;<br />
		ce que pense le plus grand nombre est assur&eacute;ment la v&eacute;rit&eacute;<br />
		nous sommes en guerre pour construire la paix<br />
		que ce n&#039;est plus au nom de Dieu que coule le sang &mdash; jusqu&#039;&agrave; nous faire croire<br />
		qu&#039;il ne se nomme pas Argent<br />
		qu&#039;il est impossible de changer le monde<br />
		qu&#039;il vaut mieux se fabriquer un petit confort pour tout oublier<br />
		que nous ne sommes pas du b&eacute;tail num&eacute;rot&eacute;<br />
		que la po&eacute;sie est une perte de temps<br />
		que la beaut&eacute; a un prix, qu&#039;elle se quantifie et qu&#039;elle se vend<br />
		que l&#039;esp&eacute;ranto &eacute;tait une utopie vou&eacute;e &agrave; l&#039;&eacute;chec<br />
		que l&#039;ignorance et la pauvret&eacute; ne sont pas les meilleurs alli&eacute;s pour faire r&eacute;gner la<br />
		peur qui permet aux dirigeants de notre monde, &eacute;lus et non &eacute;lus, de faire ce que<br />
		bon leur semble.</span></span></span></span></font></span></font></span></p>
</blockquote>
<p style="line-height: 30px;text-align: justify"><span style="font-size:14px"><font face="Arial, Helvetica, sans-serif"><span class="Apple-style-span" style="font-weight: normal;letter-spacing: normal;line-height: normal"><font face="Arial, Verdana, sans-serif"><span class="Apple-style-span" style="letter-spacing: 1px;line-height: 24px"><span class="Apple-style-span" style="font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;font-weight: normal;letter-spacing: normal;line-height: normal"><span class="Apple-style-span" style="font-weight: normal;letter-spacing: normal;line-height: normal;font-size: 19px"><span style="font-size:12px">De l&#039;envie de crier &agrave; tue-t&ecirc;te en marchant dans les rues nous passons aux d&eacute;sirs de nous<br />
	laisser mourir par millions devant tous les Parlements de la plan&egrave;te.<br />
	&nbsp;&nbsp;&nbsp;Il faudrait que nos corps soient faits de verre pour que nous &eacute;clations en mille miettes &agrave;<br />
	chaque geste immonde qui se d&eacute;ploie devant nos yeux &agrave; tout moment : cagoule de fer sur nos<br />
	t&ecirc;tes de d&eacute;sensibilis&eacute;s (pourquoi restons-nous muets devant toutes les horreurs quotidiennes qui<br />
	se d&eacute;voilent &agrave; nos yeux et &agrave; nos oreilles ? pourquoi restons-nous sans mot devant la centaine de<br />
	millions de gens tu&eacute;s par g&eacute;nocide depuis 1945 ? pourquoi restons-nous sto&iuml;ques face &agrave; la<br />
	corruption, aux r&eacute;gimes de terreur, aux dictatures de la pens&eacute;e unique ?). Il est difficile de ne pas<br />
	&ecirc;tre effray&eacute; par le clonage et les manipulations g&eacute;n&eacute;tiques.<br />
	&nbsp;&nbsp;&nbsp;Apr&egrave;s le d&eacute;sir de se laisser mourir vient le besoin de ressusciter les morts.<br />
	&nbsp;&nbsp;&nbsp;Nous croyons que l&#039;humanit&eacute; peut sauver ce qui lui reste d&#039;humain. Nos efforts ne sont<br />
	jamais inutiles ni vaniteux.<br />
	&nbsp;&nbsp;&nbsp;&Agrave; partir d&#039;aujourd&#039;hui nous croyons que l&#039;acte po&eacute;tique est une force constructrice<br />
	d&#039;&eacute;quit&eacute;, que les g&eacute;n&eacute;rations &agrave; venir se r&eacute;approprieront doucement tout en refusant de se faire<br />
	assimiler par la disparition de la pens&eacute;e et contaminer par la b&ecirc;tise.<br />
	&nbsp;&nbsp;&nbsp;&Agrave; partir d&#039;aujourd&#039;hui nous ne laisserons pas notre soif de justice et de beaut&eacute; se faire<br />
	pi&eacute;tiner jusqu&#039;&agrave; nous laisser sans espoir, ne pouvant plus supporter d&#039;&ecirc;tre rabrou&eacute;s par les<br />
	id&eacute;alistes d&#039;un temps pass&eacute; :</span></span></span></span></font></span></font></span></p>
<blockquote>
<p style="line-height: 30px;text-align: justify"><span style="font-size:14px"><font face="Arial, Helvetica, sans-serif"><span class="Apple-style-span" style="font-weight: normal;letter-spacing: normal;line-height: normal"><font face="Arial, Verdana, sans-serif"><span class="Apple-style-span" style="letter-spacing: 1px;line-height: 24px"><span class="Apple-style-span" style="font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;font-weight: normal;letter-spacing: normal;line-height: normal"><span class="Apple-style-span" style="font-weight: normal;letter-spacing: normal;line-height: normal;font-size: 19px"><span style="font-size:12px">r&eacute;volutionnaires d&#039;une tranquillit&eacute; &agrave; fabriquer, une &laquo; social-d&eacute;mocratie &raquo; dont les<br />
		fondements aujourd&#039;hui s&#039;effondrent<br />
		ralliant la jeunesse de toutes les nations &agrave; forcer les plus grands patrons de ce monde &agrave;<br />
		&eacute;couter ce que les enfants de demain auront &agrave; dire.</span></span></span></span></font></span></font></span></p>
</blockquote>
<p style="line-height: 30px;text-align: justify"><span style="font-size:14px"><font face="Arial, Helvetica, sans-serif"><span class="Apple-style-span" style="font-weight: normal;letter-spacing: normal;line-height: normal"><font face="Arial, Verdana, sans-serif"><span class="Apple-style-span" style="letter-spacing: 1px;line-height: 24px"><span class="Apple-style-span" style="font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;font-weight: normal;letter-spacing: normal;line-height: normal"><span class="Apple-style-span" style="font-weight: normal;letter-spacing: normal;line-height: normal;font-size: 19px"><span style="font-size:12px">&nbsp;&nbsp;&nbsp;Nous ne laisserons pas la fatalit&eacute; nous d&eacute;faire de notre d&eacute;termination &agrave; reb&acirc;tir un monde<br />
	que nous croyons encore possible de sauver de la noyade.<br />
	&nbsp;&nbsp;&nbsp;Avoir envie de vomir devant la cruaut&eacute;, le mensonge, la d&eacute;gradation, la consommation &agrave;<br />
	outrance, la logique de la productivit&eacute;, devant la mise en march&eacute; de tout et surtout celle de la<br />
	chair humaine, devant le foss&eacute; entre les riches et les pauvres, devant les aberrations incessantes<br />
	qui meublent le quotidien de l&#039;ensemble de la population mondiale.<br />
	&nbsp;&nbsp;&nbsp;Avoir envie de vomir devant notre capacit&eacute; &agrave; nous mentir &agrave; nous-m&ecirc;mes, devant notre<br />
	paresse infinie et notre d&eacute;sir de confort qui affame le reste de l&#039;humanit&eacute;.<br />
	&nbsp;&nbsp;&nbsp;Et relever nos manches devant le d&eacute;sastre !<br />
	&nbsp;&nbsp;&nbsp;Nous ne nous illusionnons pas, mais nous savons qu&#039;atteindre notre objectif sera<br />
	p&eacute;rilleux.<br />
	&nbsp;&nbsp;&nbsp;Il n&#039;y a pas de secret.<br />
	&nbsp;&nbsp;&nbsp;Nous faisons le monde &agrave; l&#039;image de ce que nous sommes.<br />
	&nbsp;&nbsp;&nbsp;Il est grand temps que nous nous reconnaissions comme faisant tous partie d&#039;une seule et<br />
	m&ecirc;me civilisation.<br />
	&nbsp;&nbsp;&nbsp;Chr&eacute;tiens, juifs et musulmans se partagent la m&ecirc;me morbide d&eacute;it&eacute;.<br />
	&nbsp;&nbsp;&nbsp;Leur monoth&eacute;isme saccage encore les droits et libert&eacute;s. Qu&#039;en ferons-nous ? Des fr&egrave;res de<br />
	foi d&eacute;passant leurs fronti&egrave;res pour devenir fr&egrave;res des disciples des autres croyances ?<br />
	&nbsp;&nbsp;&nbsp;Acceptons l&#039;impr&eacute;cision de la connaissance de notre origine premi&egrave;re, de notre devenir<br />
	posthume et mettons-nous d&#039;accord. &Eacute;vin&ccedil;ons toute forme de supr&eacute;matie dogmatique et ne<br />
	laissons plus la terre &ecirc;tre dirig&eacute;e par quelques centaines de milliardaires.<br />
	&nbsp;&nbsp;&nbsp;Ils n&#039;ont rien &agrave; faire du bien commun.<br />
	&nbsp;&nbsp;&nbsp;Depuis la fin de la guerre froide fait rage la troisi&egrave;me guerre mondiale, emportant dans<br />
	son mouvement toute forme de libert&eacute; possible et imaginable.<br />
	&nbsp;&nbsp;&nbsp;Elle fait rage chaque jour et notre &eacute;tat cadav&eacute;rique est tel que nous n&#039;avons plus ni d&#039;yeux<br />
	ni d&#039;oreilles pour en t&eacute;moigner.<br />
	Notre d&eacute;composition qui veut s&#039;achever en ce d&eacute;but de XXIe si&egrave;cle est de l&#039;engrais &agrave;<br />
	d&eacute;sensibiliser.<br />
	&nbsp;&nbsp;&nbsp;Notre formidable docilit&eacute;, qui s&#039;ach&egrave;ve en ce nouveau mill&eacute;naire du r&egrave;gne de la<br />
	d&eacute;valuation de la vie humaine, fera encore plus de victimes : enfants soldats, enfants travailleurs,<br />
	enfants esclaves sexuels arrach&eacute;s &agrave; leur candeur pour b&acirc;tir nos valeurs d&#039;acc&eacute;l&eacute;rations<br />
	&eacute;conomiques.<br />
	&nbsp;&nbsp;&nbsp;L&#039;&eacute;cart&egrave;lement aura-t-il une fin ?</span></span></span></span></font></span></font></span></p>
<p style="line-height: 30px;text-align: justify"><span style="font-size:14px"><font face="Arial, Helvetica, sans-serif"><span class="Apple-style-span" style="font-weight: normal;letter-spacing: normal;line-height: normal"><font face="Arial, Verdana, sans-serif"><span class="Apple-style-span" style="letter-spacing: 1px;line-height: 24px"><span class="Apple-style-span" style="font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;font-weight: normal;letter-spacing: normal;line-height: normal"><span class="Apple-style-span" style="font-weight: normal;letter-spacing: normal;line-height: normal;font-size: 19px"><span style="font-size:12px">*</span></span></span></span></font></span></font></span></p>
<p style="line-height: 30px;text-align: justify"><span style="font-size:14px"><font face="Arial, Helvetica, sans-serif"><span class="Apple-style-span" style="font-weight: normal;letter-spacing: normal;line-height: normal"><font face="Arial, Verdana, sans-serif"><span class="Apple-style-span" style="letter-spacing: 1px;line-height: 24px"><span class="Apple-style-span" style="font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;font-weight: normal;letter-spacing: normal;line-height: normal"><span class="Apple-style-span" style="font-weight: normal;letter-spacing: normal;line-height: normal;font-size: 19px"><span style="font-size:12px">&nbsp;&nbsp;&nbsp;La torpeur dans laquelle nous plonge le productivisme laisse la jeunesse du monde entier<br />
	dans un silence complice et sans r&eacute;mission qu&#039;il nous faut briser &agrave; l&#039;aide d&#039;un grand fracas, et ce,<br />
	d&#039;est en ouest et du nord au sud. Il nous faut atteindre les tonalit&eacute;s d&#039;un chant des plus stridents<br />
	pour nous sortir de l&#039;engourdissement que provoque ce silence.<br />
	&nbsp;&nbsp;&nbsp;Sans quoi nous craignons que ce silence atteigne des sommets insoup&ccedil;onn&eacute;s et que son<br />
	paroxysme nous rende muets &agrave; jamais.<br />
	&nbsp;&nbsp;&nbsp;La limite du silence dans lequel la jeunesse du monde entier est confin&eacute;e depuis trois<br />
	d&eacute;cennies a d&#039;abord pris forme &agrave; la suite de l&#039;&eacute;panouissement de la la&iuml;cisation qui a rapidement<br />
	laiss&eacute; place &agrave; la d&eacute;sacralisation de tout. Rapidement, tout absolu a d&ucirc; &ecirc;tre quantifi&eacute; et Dieu,<br />
	malgr&eacute; tout, est rest&eacute; pour tout justifier, les morts et les bless&eacute;s. La d&eacute;gradation s&#039;est termin&eacute;e en<br />
	dehors de la la&iuml;cit&eacute; sans besoin de quelques &eacute;motions v&eacute;ritables : vision irrationnelle du gavage<br />
	d&#039;idioties et de banalit&eacute;s de la plus grande strate de la population mondiale pour garder le pouvoir<br />
	d&#039;&eacute;crire l&#039;histoire et donc ce que l&#039;on percevra comme &eacute;tant la v&eacute;rit&eacute;.</span></span></span></span></font></span></font></span></p>
<p style="line-height: 30px;text-align: justify"><span style="font-size:14px"><font face="Arial, Helvetica, sans-serif"><span class="Apple-style-span" style="font-weight: normal;letter-spacing: normal;line-height: normal"><font face="Arial, Verdana, sans-serif"><span class="Apple-style-span" style="letter-spacing: 1px;line-height: 24px"><span class="Apple-style-span" style="font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;font-weight: normal;letter-spacing: normal;line-height: normal"><span class="Apple-style-span" style="font-weight: normal;letter-spacing: normal;line-height: normal;font-size: 19px"><span style="font-size:12px">&nbsp;&nbsp;&nbsp;La r&eacute;duction de la pens&eacute;e se r&eacute;pand rapidement &agrave; toutes les classes sociales : le<br />
	nivellement par le bas est &eacute;difi&eacute;.<br />
	&nbsp;&nbsp;&nbsp;La foi, au sens religieux du terme, quand elle existe au coeur des individus, est souvent la<br />
	source d&#039;une violence qui pr&eacute;tend racheter les jours d&#039;apr&egrave;s. Les vrais rapports au sacr&eacute;, de ce<br />
	que veut dire vivre sur terre et regarder le ciel, disparaissent.<br />
	&nbsp;&nbsp;&nbsp;Au plus bas, on &eacute;vide de son sens l&#039;ensemble des v&eacute;ritables &eacute;l&eacute;ments spirituels de la vie<br />
	terrestre au profit du profit, et si Dieu existe encore c&#039;est surtout parce qu&#039;il est cot&eacute; en bourse.<br />
	&nbsp;&nbsp;&nbsp;L&#039;indignation li&eacute;e &agrave; notre impossibilit&eacute; de communiquer est remplac&eacute;e par la valorisation<br />
	et la standardisation de l&#039;individualit&eacute;.<br />
	&nbsp;&nbsp;&nbsp;Les &laquo; progr&egrave;s &raquo; &eacute;manant de nos m&eacute;thodes nous limitent plus qu&#039;ils nous lib&egrave;rent. La<br />
	d&eacute;cadence charcute tant l&#039;amour et sa n&eacute;cessit&eacute; : nous n&#039;attendons plus la d&eacute;sint&eacute;gration de la<br />
	plan&egrave;te. Elle nous semble si achev&eacute;e que nous restons dans une inaction compl&egrave;te &agrave; regarder<br />
	l&#039;eau et l&#039;air se changer en d&#039;amers poisons. Notre savoir, pour l&#039;instant, ne nous donne plus de<br />
	moyen, il nous pousse &agrave; investiguer vers des horizons qui restreignent notre devenir. Notre<br />
	&laquo; raison &raquo; a permis la destruction du seul et unique monde que nous avions. Si elle fut perdue, il<br />
	est grand temps de retrouver notre unit&eacute; !<br />
	&nbsp;&nbsp;&nbsp;L&#039;&eacute;cart&egrave;lement entre les puissances psychiques et les puissances raisonnantes est<br />
	maintenant bien au-del&agrave; de son paroxysme.<br />
	&nbsp;&nbsp;&nbsp;La d&eacute;rive, engendr&eacute;e par le tiers de la population du globe qui pense &agrave; maigrir,<br />
	irrationnellement nourri, provoque la d&eacute;politisation compl&egrave;te des masses et le retour des guerres<br />
	de religion, allant jusqu&#039;&agrave; nous d&eacute;sensibiliser par-del&agrave; notre inconscient m&ecirc;me, permettant &agrave; la<br />
	foule de s&#039;&eacute;mouvoir au point de s&#039;ancrer dans une loupe manich&eacute;enne.<br />
	&nbsp;&nbsp;&nbsp;La population mondiale mourant dans le capitalisme sauvage ne pourra pas rena&icirc;tre sans<br />
	les outils de la foi v&eacute;ritable (insoumise &agrave; quelque dogme religieux que ce soit) : l&#039;Humilit&eacute; devant<br />
	les forces vives de la nature.<br />
	&nbsp;&nbsp;&nbsp;La progression de l&#039;impuissance collective jusqu&#039;&agrave; l&#039;inertie individuelle dans la plus<br />
	parfaite d&eacute;sensibilisation a effrit&eacute; l&#039;unique paroi de l&#039;humaine sensation d&eacute;j&agrave; essouffl&eacute;e par la<br />
	connaissance concr&egrave;te avec laquelle l&#039;humanit&eacute; se d&eacute;voile, pour recracher mal &agrave; l&#039;aise les d&eacute;chets<br />
	r&eacute;siduels de ses &laquo; victoires &raquo;.<br />
	&nbsp;&nbsp;&nbsp;Les rapports de cause &agrave; effet des deux premi&egrave;res guerres mondiales furent visibles,<br />
	palpables, et ces guerres furent le point de d&eacute;part de l&#039;ensemble de cet &eacute;tat de fait qui va bien audel&agrave;<br />
	de ce que l&#039;on nomme l&#039;absurdit&eacute;. La troisi&egrave;me guerre semble non seulement irr&eacute;m&eacute;diable<br />
	mais elle est aussi partout, dans chacun de nos gestes. Il nous faut encore croire que l&#039;on peut<br />
	fr&ocirc;ler l&#039;heure E des derni&egrave;res esp&eacute;rances, des derniers &eacute;lans de lucidit&eacute;, des &eacute;ternelles luttes pour<br />
	le bien commun.<br />
	&nbsp;&nbsp;&nbsp;Mais d&eacute;j&agrave; un continent de plastique flotte dans le Pacifique. Allons-nous rester voraces,<br />
	repus, aveugles et sourds ?<br />
	&nbsp;&nbsp;&nbsp;Si oui, nous nous embourberons pour de bon dans notre propre merde.<br />
	&nbsp;&nbsp;&nbsp;Qu&#039;est devenu ce soi-disant espoir collectif ?<br />
	&nbsp;&nbsp;&nbsp;Comment exiger de nous-m&ecirc;mes une union qui soit montr&eacute;e &agrave; la face du monde, qui<br />
	cherche &agrave; croire en ce qui pourrait encore rester d&#039;avenir collectif, puisque exceptionnellement<br />
	notre lucidit&eacute; existe encore.<br />
	&nbsp;&nbsp;&nbsp;Le tr&eacute;sor bien ordinaire qu&#039;il nous reste, jamais conquis mais toujours emprunt&eacute;, pourrit<br />
	au fond de la marre. On croirait que les po&egrave;tes ont vendu leur &acirc;me. Le pouvoir qu&#039;il nous reste se<br />
	quantifie &agrave; la violence qu&#039;ont nos d&eacute;tracteurs &agrave; nous d&eacute;foncer &agrave; coups de poing, &agrave; coups de pied,<br />
	&agrave; coups de phrases pu&eacute;riles aux fondements futiles et sans splendeur (pourquoi font‐ils comme<br />
	si Sade et Lautr&eacute;amont n&#039;avaient jamais exist&eacute; ?).<br />
	&nbsp;&nbsp;&nbsp;Ce butin fut viol&eacute; et esquint&eacute; par l&#039;ensemble de ce qui nous reste de soci&eacute;t&eacute;. Jusqu&#039;&agrave;<br />
	maintenant, il est si corrompu qu&#039;il semble n&#039;en rester rien. Il fut d&eacute;natur&eacute; par la soci&eacute;t&eacute; du<br />
	spectacle. Les tenants de celle-ci s&#039;en empar&egrave;rent, avides de d&eacute;truire toute n&eacute;cessit&eacute; que le bien<br />
	commun puisse ordonner.<br />
	&nbsp;&nbsp;&nbsp;Quel est notre devoir ?<br />
	&nbsp;&nbsp;&nbsp;Reprendre contact avec ce qui reste de notre soci&eacute;t&eacute; n&eacute;antiste. Recycler les rebuts que sont<br />
	devenus les corps et les esprits de nos semblables et de nous-m&ecirc;mes. Rebuts que sont nos yeux<br />
	toujours incapables de voir le scandale quotidien. Rebut que ce th&eacute;&acirc;tre bien pensant d&#039;un autre<br />
	genre, nous laissant croire qu&#039;il est humain puisque cathartique et capable de nous &eacute;mouvoir<br />
	b&ecirc;tement. Rebut qu&#039;est notre bouche &mdash; vous avez r&eacute;ussi &agrave; nous laisser un espace (et il dispara&icirc;t)<br />
	o&ugrave; nous pouvons, semble-t-il, prendre la parole, mais tout ce que l&#039;on y dit, m&ecirc;me lorsqu&#039;on le<br />
	crie, meurt sans avoir &eacute;t&eacute; r&eacute;ellement entendu par qui que ce soit. Rebut qu&#039;est cette petite gloire<br />
	du spectacle et du loisir qui laisse l&#039;ensemble de la population dans l&#039;indiff&eacute;rence, le d&eacute;shonneur :<br />
	gloire tout &agrave; fait consciente et servile de son pouvoir d&#039;abrutissement. Rebut qu&#039;est cette soidisant<br />
	raison, arme de la majorit&eacute; bien pensante aux n&eacute;fastes intentions. Rompons les rangs !</span></span></span></span></font></span></font></span></p>
<blockquote>
<h3 style="text-align: justify"><span style="font-size:14px"><font face="Arial, Helvetica, sans-serif"><span class="Apple-style-span" style="font-weight: normal;letter-spacing: normal;line-height: normal"><font face="Arial, Verdana, sans-serif"><span class="Apple-style-span" style="letter-spacing: 1px;line-height: 24px"><span class="Apple-style-span" style="font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;font-weight: normal;letter-spacing: normal;line-height: normal"><span class="Apple-style-span" style="font-weight: normal;letter-spacing: normal;line-height: normal;font-size: 19px"><span style="font-size:12px">QUE RESTE-T-IL DE LA MAGIE ? DES MYST&Egrave;RES OBJECTIFS ?<br />
		DE L&#039;AMOUR ?<br />
		DES N&Eacute;CESSIT&Eacute;S ?</span></span></span></span></font></span></font></span></h3>
</blockquote>
<p style="line-height: 30px;text-align: justify"><span style="font-size:14px"><font face="Arial, Helvetica, sans-serif"><span class="Apple-style-span" style="font-weight: normal;letter-spacing: normal;line-height: normal"><font face="Arial, Verdana, sans-serif"><span class="Apple-style-span" style="letter-spacing: 1px;line-height: 24px"><span class="Apple-style-span" style="font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;font-weight: normal;letter-spacing: normal;line-height: normal"><span class="Apple-style-span" style="font-weight: normal;letter-spacing: normal;line-height: normal;font-size: 19px"><span style="font-size:12px">&nbsp;&nbsp;&nbsp;Dans le rebut total nous voulons imposer notre pens&eacute;e implacable aux irresponsables pour<br />
	que l&#039;inaction et le d&eacute;sint&eacute;ressement ne puissent plus &ecirc;tre chez le lecteur, en esp&eacute;rant qu&#039;il est<br />
	encore possible de passer de l&#039;&eacute;tat de morts-vivants &agrave; celui de nouveau-n&eacute;s.<br />
	&nbsp;&nbsp;&nbsp;Nous appelons &agrave; la passion v&eacute;ritable et voulons abattre la dynamique de la fuite.<br />
	&nbsp;&nbsp;&nbsp;Si nous ne prenons pas l&#039;enti&egrave;re responsabilit&eacute; du pr&eacute;sent, il n&#039;y aura pas de demain. Ce<br />
	d&eacute;ploiement irrationnel, puisqu&#039;il est devenu difficile d&#039;aller de l&#039;avant, ne demande qu&#039;&agrave; pouvoir<br />
	faire du pr&eacute;sent autre chose qu&#039;un enfer &agrave; venir.<br />
	&nbsp;&nbsp;&nbsp;Bien que nos passions soient encore spontan&eacute;es, pour qu&#039;elles continuent de fa&ccedil;onner quoi<br />
	que ce soit il faut n&eacute;cessairement qu&#039;un futur possible ne soit pas qu&#039;une utopie mais qu&#039;il soit<br />
	aussi une r&eacute;alit&eacute;.<br />
	&nbsp;&nbsp;&nbsp;Le futur qui semble nous &ecirc;tre r&eacute;serv&eacute; est difficile &agrave; accepter avec la mort qu&#039;il pourrait<br />
	charrier, et ceux qui l&#039;engendrent font presque de leurs gestes un dogme sacr&eacute;. D&eacute;j&agrave;, nous sentons<br />
	le prix que nous aurons &agrave; payer pour l&#039;inaction d&#039;hier et le silence du jour d&#039;hui.<br />
	&nbsp;&nbsp;&nbsp;Ce n&#039;est pas innocent, mais c&#039;est certainement malsain de ne pas consid&eacute;rer ce que les<br />
	&ecirc;tres humains font de leur histoire, et d&#039;un angle r&eacute;ducteur pr&eacute;f&eacute;rer ne pas voir les d&eacute;fauts<br />
	perceptibles de l&#039;&ecirc;tre humain dans son comportement tant dans le pass&eacute; qu&#039;au pr&eacute;sent. Certes, ces<br />
	d&eacute;fauts sont per&ccedil;us par nos chercheurs les plus bienveillants, mais les recommandations que nous<br />
	font ceux-ci sont automatiquement, ou presque, rejet&eacute;es sous le couvert des<br />
	&laquo; n&eacute;cessit&eacute;s profondes &raquo; de la croissance &eacute;conomique chaque fois qu&#039;un &ecirc;tre humain assoiff&eacute; de<br />
	pouvoir est en position de le faire ; chaque fois que l&#039;humain s&#039;ent&ecirc;te &agrave; rester une b&ecirc;te des temps<br />
	anciens. Red&eacute;finissons-nous en regard de notre &eacute;poque.<br />
	&nbsp;&nbsp;&nbsp;D&eacute;butons la r&eacute;surrection d&#039;un possible futur en agissant dans le pr&eacute;sent et en ne niant pas<br />
	le pass&eacute;.<br />
	&nbsp;&nbsp;&nbsp;Il nous faut nous engager hier &agrave; &ecirc;tre &agrave; la hauteur de ce que sont les n&eacute;cessit&eacute;s &agrave; accomplir<br />
	aujourd&#039;hui pour qu&#039;un demain soit encore possible. Le pire est que nous savons que demain sera<br />
	ce que nous pr&eacute;voyons qu&#039;il soit si nous ne changeons pas les actions qui hier et aujourd&#039;hui<br />
	ont cr&eacute;&eacute;, cr&eacute;ent et cr&eacute;eront toujours des cons&eacute;quences d&eacute;sastreuses pour notre plan&egrave;te.<br />
	&nbsp;&nbsp;&nbsp;Nous nous devons d&#039;&ecirc;tre bien plus que soucieux si nous voulons que demain soit.</span></span></span></span></font></span></font></span></p>
<h3 style="text-align: justify"><span style="font-size:14px"><font face="Arial, Helvetica, sans-serif"><span class="Apple-style-span" style="font-weight: normal;letter-spacing: normal;line-height: normal"><font face="Arial, Verdana, sans-serif"><span class="Apple-style-span" style="letter-spacing: 1px;line-height: 24px"><span class="Apple-style-span" style="font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;font-weight: normal;letter-spacing: normal;line-height: normal"><span class="Apple-style-span" style="font-weight: normal;letter-spacing: normal;line-height: normal;font-size: 19px"><span style="font-size:12px">Vers le grand d&eacute;r&egrave;glement</span></span></span></span></font></span></font></span></h3>
<p style="line-height: 30px;text-align: justify"><span style="font-size:14px"><font face="Arial, Helvetica, sans-serif"><span class="Apple-style-span" style="font-weight: normal;letter-spacing: normal;line-height: normal"><font face="Arial, Verdana, sans-serif"><span class="Apple-style-span" style="letter-spacing: 1px;line-height: 24px"><span class="Apple-style-span" style="font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;font-weight: normal;letter-spacing: normal;line-height: normal"><span class="Apple-style-span" style="font-weight: normal;letter-spacing: normal;line-height: normal;font-size: 19px"><span style="font-size:12px">&nbsp;&nbsp;&nbsp;La faiblesse d&#039;une grande partie de la majorit&eacute; est de nous ignorer et lorsqu&#039;elle daigne<br />
	nous consid&eacute;rer, non seulement elle ne reconna&icirc;t pas les sacrifices que nous faisons et notre<br />
	lucidit&eacute;, mais en plus elle nous per&ccedil;oit comme des &ecirc;tre oisifs, et ce qui lui semble &ecirc;tre nos exc&egrave;s<br />
	est de vivre &agrave; m&ecirc;me ce qu&#039;elle nomme la sueur de son front. Or, notre ardeur &agrave; l&#039;ouvrage est sans<br />
	borne, les b&eacute;n&eacute;fices papier que nous en tirons sont plus que minces, nous ne nous laissons pas<br />
	abattre par nos inqui&eacute;tudes et, non, le peu qu&#039;il nous reste de temps &agrave; la fin de chaque jour ne se<br />
	termine pas en divertissement nocturne ayant comme seul but de nous faire oublier cette m&ecirc;me<br />
	journ&eacute;e. Nous sommes constamment en qu&ecirc;te d&#039;espoirs nouveaux et d&#039;amour, non par habitude<br />
	mais par n&eacute;cessit&eacute;.<br />
	Nous ne sommes ni des amis du r&eacute;gime ni des r&eacute;volutionnaires (nous n&#039;avons pas d&#039;armes<br />
	&agrave; feu, nous n&#039;avons que les mots et il semble qu&#039;aujourd&#039;hui &eacute;couter est un mot qui ne figure plus<br />
	sur la liste des verbes qu&#039;il faille apprendre &agrave; conjuguer), mais oui, nous sommes r&eacute;ellement<br />
	r&eacute;volt&eacute;s et si pour l&#039;instant nous paraissons seulement nommer ce qui est, notre d&eacute;sir v&eacute;ritable est<br />
	que le monde change.<br />
	&nbsp;&nbsp;&nbsp;Nous parlons ou &eacute;crivons en pensant que vous &ecirc;tes &agrave; m&ecirc;me de nous comprendre.<br />
	&nbsp;&nbsp;&nbsp;Nous ne croyons pas aux divisions du peuple : &eacute;lite/prol&eacute;tariat et intellectuels/manuels.<br />
	&nbsp;&nbsp;&nbsp;Par contre, r&egrave;gne encore et toujours et plus que jamais la division entre les exploitants et<br />
	les exploit&eacute;s.<br />
	&nbsp;&nbsp;&nbsp;Ne nous pr&ecirc;tez pas d&#039;intention que vous ne sauriez articuler en notre pr&eacute;sence. Nous ne<br />
	sommes pas na&iuml;fs et les gens au pouvoir le savent. Nous ne sommes pas vraiment du m&ecirc;me<br />
	monde et les changements que nous d&eacute;sirons impliquent qu&#039;ils divergent de leur vision<br />
	h&eacute;g&eacute;monique.<br />
	&nbsp;&nbsp;&nbsp;O&ugrave; sont, au sein des rouages de l&#039;&Eacute;tat, ces gens d&eacute;vou&eacute;s &agrave; la cause du bien commun ? La<br />
	corruption r&egrave;gne m&ecirc;me dans les soci&eacute;t&eacute;s les plus avanc&eacute;es. La n&ocirc;tre ni faisant surtout pas<br />
	exception. Nous avons d&eacute;pass&eacute; le plus grand exc&egrave;s de l&#039;exploitation.<br />
	&nbsp;&nbsp;&nbsp;Et il n&#039;y a toujours pas de salut suivant cet exc&egrave;s.<br />
	&nbsp;&nbsp;&nbsp;Et nous faisons partie int&eacute;grante de ce festin.<br />
	&nbsp;&nbsp;&nbsp;Nul ne peut en refuser le partage.<br />
	&nbsp;&nbsp;&nbsp;Sans l&#039;union des peuples et des nations, &agrave; nous tous la d&eacute;cadence comme seul repas de<br />
	noces ; &agrave; nous tous la certitude globale des effets de notre inaction dans ce rebut total.<br />
	&nbsp;&nbsp;&nbsp;(C&#039;est de leur propre chef que plusieurs dirigeants de la plan&egrave;te continuent &agrave; nourrir la<br />
	d&eacute;cadence, &agrave; encourager la corruption et &agrave; polluer notre unique patrie, la Terre, au nom de la<br />
	richesse des exploitants. Notre connaissance historique est depuis longtemps assez aig&uuml;e pour<br />
	nous permettre de savoir que sans un changement de cap radical la fa&ccedil;on dont individuellement et<br />
	collectivement nous vivons, nos facult&eacute;s et nos ressources &eacute;motives ne seront que d&#039;une tr&egrave;s<br />
	infime utilit&eacute;. Au risque de nous faire traiter de pessimistes, ou que sais-je encore, nous affirmons<br />
	que si nous ne faisons rien de signifiant, nous verrons bient&ocirc;t la fin de la civilisation humaine.<br />
	D&eacute;j&agrave; la Terre semble s&#039;impatienter de nous voir dispara&icirc;tre.)<br />
	&nbsp;&nbsp;&nbsp;Les gens au pouvoir sont assur&eacute;ment pr&ecirc;ts &agrave; nous laisser un espace pour qu&#039;il nous soit<br />
	possible de nous exprimer. Nous pouvons m&ecirc;me parler contre eux. Libert&eacute; d&#039;expression. Mais ce<br />
	qui reste de cet espace d&#039;expression est soumis &agrave; la censure la plus pernicieuse : celle de nos<br />
	&laquo; semblables &raquo;, nos &laquo; coll&egrave;gues &raquo;. Ceux-ci, souvent effray&eacute;s par nos &eacute;clairs de lucidit&eacute;, par notre<br />
	franchise et par notre d&eacute;ploiement de formes et de dires (qu&#039;ils nomment radicaux), ne nous<br />
	laissent que trop peu de fois prendre le porte-voix de mani&egrave;re ais&eacute;e.<br />
	&nbsp;&nbsp;&nbsp;Il nous faut donc prendre parole en une forme de sacrifice et d&eacute;ployer des &eacute;nergies<br />
	innommables pour pouvoir nous faire entendre. Aux yeux de la majorit&eacute;, nous ne semblons pas<br />
	diff&eacute;rents de ceux aux visi&egrave;res rabattues et aux oreilles bouch&eacute;es qui profitent de la fortune.<br />
	&nbsp;&nbsp;&nbsp;Cependant, nous sommes, oui, sans malice et encore spontan&eacute;s, et bien que tout nous<br />
	pousse vers cette destination, nous faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour ne pas devenir<br />
	cyniques.</span></span></span></span></font></span></font></span></p>
<p style="line-height: 30px;text-align: justify"><span style="font-size:14px"><font face="Arial, Helvetica, sans-serif"><span class="Apple-style-span" style="font-weight: normal;letter-spacing: normal;line-height: normal"><font face="Arial, Verdana, sans-serif"><span class="Apple-style-span" style="letter-spacing: 1px;line-height: 24px"><span class="Apple-style-span" style="font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;font-weight: normal;letter-spacing: normal;line-height: normal"><span class="Apple-style-span" style="font-weight: normal;letter-spacing: normal;line-height: normal;font-size: 19px"><span style="font-size:12px">*</span></span></span></span></font></span></font></span></p>
<p style="line-height: 30px;text-align: justify"><span style="font-size:14px"><font face="Arial, Helvetica, sans-serif"><span class="Apple-style-span" style="font-weight: normal;letter-spacing: normal;line-height: normal"><font face="Arial, Verdana, sans-serif"><span class="Apple-style-span" style="letter-spacing: 1px;line-height: 24px"><span class="Apple-style-span" style="font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;font-weight: normal;letter-spacing: normal;line-height: normal"><span class="Apple-style-span" style="font-weight: normal;letter-spacing: normal;line-height: normal;font-size: 19px"><span style="font-size:12px">Des gens peu enclins &agrave; nous aimer disent de nos oeuvres qu&#039;elles sont parfois sombres,<br />
	inaccessibles, trop longues, voire incompr&eacute;hensibles. Nous avons ainsi le sentiment profond<br />
	qu&#039;ils sont dans l&#039;incapacit&eacute; d&#039;&eacute;couter et de voir autrement que de cette fa&ccedil;on banale, convenue,<br />
	admise et dict&eacute;e par le plus grand nombre, et qu&#039;ils n&#039;ont toujours pas compris que nous<br />
	t&eacute;moignons du monde et qu&#039;il est donc de notre devoir de le faire voir tel qu&#039;il est.<br />
	&nbsp;&nbsp;&nbsp;Si nous demandons d&#039;&eacute;couter autrement, ce n&#039;est pas par plaisir cruel que nous le faisons.<br />
	Nous connaissons l&#039;incapacit&eacute; &agrave; renouveler les fa&ccedil;ons de voir et d&#039;entendre qu&#039;ont les entreprises<br />
	culturelles ayant comme fonction unique de divertir et surtout de g&eacute;n&eacute;rer du profit. Dans le futur,<br />
	nous nous opposerons de plus en plus &agrave; la fabrication de l&#039;art comme marchandise.<br />
	&nbsp;&nbsp;&nbsp;Nous croyons ce texte assez clair pour que l&#039;on nous comprenne et pour faire voir que par<br />
	le pass&eacute;, il n&#039;en fut pas autrement.<br />
	&nbsp;&nbsp;&nbsp;Bien que notre art soit collectif, nous d&eacute;plorons l&#039;individualisme qui en r&eacute;sulte et nous<br />
	ressentons violemment, oui, le besoin de nous unir &agrave; ceux qui, comme nous, cherchent sans<br />
	compromis l&#039;absolu sur des routes exigeantes et non d&eacute;frich&eacute;es, dans un &eacute;lan d&#039;innocence et de<br />
	sinc&eacute;rit&eacute; ; lib&eacute;r&eacute;s du besoin de plaire au plus grand nombre et de faire consensus &agrave; tout prix.<br />
	&nbsp;&nbsp;&nbsp;Et que ferons-nous &eacute;clater ?<br />
	&nbsp;&nbsp;&nbsp;Bien que nous paraissions seuls et ind&eacute;cis, nous sommes au contraire nombreux &agrave; vouloir<br />
	abattre les fronti&egrave;res.<br />
	&nbsp;&nbsp;&nbsp;Mais un terrible savoir nous p&egrave;se sur l&#039;esprit : des secrets anciens que m&ecirc;me la m&eacute;moire<br />
	ne peut pr&eacute;server et dont nous sommes d&eacute;positaires. Eux aussi furent autrefois le bien de la<br />
	collectivit&eacute;.<br />
	&nbsp;&nbsp;&nbsp;Formes obscures, elles exigent une humilit&eacute; constante face au d&eacute;ploiement de leurs forces<br />
	et au d&eacute;voilement du sens qu&#039;elles transportent. Elles forcent &agrave; l&#039;abandon et &agrave; la contemplation,<br />
	qualit&eacute;s d&#039;un autre temps et d&#039;un autre monde.<br />
	&nbsp;&nbsp;&nbsp;Ce savoir est notre capacit&eacute; et notre besoin d&#039;ordonner, de transposer et de<br />
	m&eacute;tamorphoser l&#039;espace et le temps. Il est indomptable. Nous croyons qu&#039;il est essentiel qu&#039;il<br />
	traverse les &eacute;poques et qu&#039;il reste ainsi, des si&egrave;cles durant, une des fa&ccedil;ons les plus probantes de<br />
	faire valoir la valeur de la vie humaine.<br />
	&nbsp;&nbsp;&nbsp;Que ceux qui se reconnaissent pleinement se fassent conna&icirc;tre et qu&#039;ils se joignent &agrave; nous<br />
	et ne restent plus seuls.<br />
	&nbsp;&nbsp;&nbsp;Nous ne voyons pas de fin car nous avons peine &agrave; entrevoir le d&eacute;but des changements,<br />
	mais il est certain que nos cha&icirc;nes ne se d&eacute;feront pas dans l&#039;acte impr&eacute;vu et individuel. C&#039;est dans<br />
	la coh&eacute;rence des gestes collectifs que nous sauverons le bien commun.<br />
	&nbsp;&nbsp;&nbsp;Il n&#039;y a pas d&#039;attente, il n&#039;y a que de l&#039;action collective pour la pr&eacute;servation du bien<br />
	commun, et nous savons que nous ne serons pas encourag&eacute;s et qu&#039;il nous faudra sans crainte nous<br />
	frapper &agrave; la b&ecirc;tise et &agrave; la m&eacute;diocrit&eacute;, mais parfois, oui, sans que jamais il ne soit question de<br />
	paresse, nous chercherons un peu de repos pour le corps et l&#039;esprit dans le but de pouvoir<br />
	continuer, travers&eacute;s par toutes les &eacute;motions qu&#039;un &ecirc;tre humain puisse se donner &agrave; vivre, notre<br />
	qu&ecirc;te sens&eacute;e et irr&eacute;pressible pour la suite du monde et par l&agrave; m&ecirc;me, celle de la v&eacute;ritable beaut&eacute;</span><br />
	</span></span></span></font></span></font></span></p>
<p style="line-height: 30px;text-align: justify"><font face="Arial, Helvetica, sans-serif"><font face="Arial, Verdana, sans-serif"><span class="Apple-style-span" style="font-size: 12px">Christian Lapointe</span></font></font></p>
<p style="line-height: 30px;text-align: justify"><font face="Arial, Helvetica, sans-serif"><font face="Arial, Verdana, sans-serif"><span style="font-size:12px">Hanna Abd El Nour, Sylvio Arriola, Alexandra Badea, Genevi&egrave;ve Billette, Evelyne de la<br />
	Cheneli&egrave;re, Ren&eacute;e Gagnon, Emma Hach&eacute;, Susanna Hood, Dario Larouche, Franz Schurch,<br />
	Emmanuel Schwartz, Mani Soleymanlou, Dave St-Pierre, Alexander Wilson, Jacob Wren</span></font></font></p>
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		<title>Pèlerinage nordique</title>
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		<pubDate>Tue, 26 Oct 2010 01:57:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean St-Hilaire</dc:creator>
				<category><![CDATA[Nouvelles]]></category>
		<category><![CDATA[Bergen]]></category>
		<category><![CDATA[Grieg]]></category>

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		<description><![CDATA[La croisière tire à sa fin. En cette mi-juillet chagrine, nous accostons au petit matin à Bergen pour une courte et dernière escale avant de regagner l’Angleterre. La ville et son saisissant écrin naturel pâlissent à peine sous la pluie, qui est plutôt la règle que l’exception dans l’ancienne cité hanséatique. Tout repu que je [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La croisière tire à sa fin. En cette mi-juillet chagrine, nous accostons au petit matin à Bergen pour une courte et dernière escale avant de regagner l’Angleterre. La ville et son saisissant écrin naturel pâlissent à peine sous la pluie, qui est plutôt la règle que l’exception dans l’ancienne cité hanséatique.<br />
Tout repu que je sois des époustouflants paysages de la côte norvégienne, la tristesse m’envahit. La bonne chère et la mollesse de la vie à bord ont, chaque jour un peu plus, semé en moi la culpabilité. La croisière vend du dépaysement, son négoce est le rêve formaté, standardisé, pas l’ascèse culturelle du pèlerin. J’avais entrepris ce voyage avec une certaine idée héroïque de la Norvège, idée nourrie de sagas médiévales, de visions de romanciers, de dramaturges et de grands skieurs de fond, et de musique. De musique surtout. Faute de mieux, je me suis joué intérieurement du Grieg : le poignant Chant de Solveig, le frais et cristallin Matin  et le distillat de pure nostalgie de Dernier printemps  repassent en boucle. Aux moments d’exaltation, à la vue d’une énième chute sublime par exemple, je crois voir ce fanfaron de Peer Gynt dévaler l’escarpement prodigieux du fjord… La croisière vend du dépaysement contrôlé, son négoce est le rêve formaté et standardisé, ça plus que la libre ascèse culturelle du pèlerin.<br />
Pourtant, des pèlerins, il s’en cache sur notre ville flottante. Les voici qui font cortège sous la flotte vers la couple d’autocars qui les emporteront en banlieue, à dix kilomètres du port. Destination : Troldhaugen, la Bulle aux trolls, où Edvard Grieg (1843-1907) a vécu ses 22 dernières années. Norvégiens et mélomanes y vont avec non moins de ferveur que d’autres accourent 400 km plus au nord, à Trondheim, à la merveilleuse cathédrale de Nidaros, le site de pèlerinage le plus fréquenté de Scandinavie. Au passage, dans un parc du centre-ville, nous saluons Grieg et le violoniste Ole Bull, des fils de Bergen perpétués dans le bronze, face à face. Le temps manquant, nous «snobons» Henrik Ibsen et à Ludvig Holberg (le Molière norvégien), statufiés eux aussi, tout près.<br />
Troldhaugen est un monument national devenu lieu de récollection. Sur une pointe rocheuse boisée surplombant un lac idyllique qui se décharge dans un fjord tout près, un musée, la coquette villa de Grieg, la tombe où il repose avec sa femme (la cantatrice Nina Hagerup) et une salle de concert blottie contre la pente, avec une toiture végétalisée qui descend en cascade vers le lac. Près de la rive, la cabane où le compositeur  se réfugiait pour travailler. Et près de l’entrée de la salle, où nous entendrons un récital d’œuvres pour piano de Grieg d’un excellent niveau, sa statue grandeur nature. La fière chevelure léonine et la moustache nietzschéenne de Grieg ne nous illusionnent pas longtemps quant à sa taille, qui était modeste. Le Chopin norvégien mesurait 1m52 (5 pieds)…<br />
Je vous raconte tout ça pour rappeler que ce géant de la mélodie, cette icône toujours vivante de la Norvège n’a pas toujours eu la vie facile. Il a souvent connu le doute, rencontré beaucoup de scepticisme sur les chemins de la création et de la postérité. «Il n’est rien, il n’a rien et il compose une musique que personne ne veut entendre», aurait dit de lui sa future belle-maman…<br />
Grieg a percé en transcendant son éducation musicale danoise et allemande. Il a trouvé pleinement son style dès lors qu’il a fait confiance à la tradition musicale populaire de son pays. Avec d’autres créateurs, les aînés Kjerulf  (compositeur) et Bjørnson (romancier et dramaturge, Nobel de littérature en 1903), et son jeune ami Rikard Nordraak (compositeur), il a fondé le mouvement Euterpe pour encourager les jeunes artistes à trouver leur propre voix du nord et promouvoir la création musicale scandinave. Nordraak ayant été emporté par la tuberculose à 24 ans, non sans avoir donné à la Norvège son hymne national, Grieg s’est retrouvé porteur premier de la cause. Il l’a défendu avec ardeur. Et avec succès, ne serait-ce que par le seul exemple de son œuvre qui lui a attiré assez tôt, avant même Peer Gynt (1876), une reconnaissance universelle. Et cette gloire, il se l’est forgé pour l’essentiel loin des métropoles. Bergen ne comptait guère plus de 50 000 âmes quand Grieg s’est installé dans son havre de Troldhaugen, en 1885. Le génie n’a pas de frontières. Il germe là où le talent est tenace. La où on l’attend à bras ouverts lui offre le meilleur terreau.</p>
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		<title>À la jeunesse.</title>
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		<pubDate>Mon, 11 Oct 2010 13:37:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Christian</dc:creator>
				<category><![CDATA[Nouvelles]]></category>
		<category><![CDATA[Jeunesse]]></category>

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		<description><![CDATA[À la jeunesse : Laissez-nous, devant vos efforts à être vous-même, perplexes et pantois. La plus belle chose qui puisse vous arriver est sûrement que nous ne comprenions rien à ce que vous faites mais que nous en ressentions violemment la cohérence indéchiffrable à nos esprits vieillissants. Le sentiment de certitude à être devant quelque [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>À la jeunesse :<br />
Laissez-nous, devant vos efforts à être vous-même, perplexes et pantois.<br />
La plus belle chose qui puisse vous arriver est sûrement que nous ne comprenions rien à ce que vous faites mais que nous en ressentions violemment la cohérence indéchiffrable à nos esprits vieillissants.<br />
Le sentiment de certitude à être devant quelque chose qui tient mais qui nous échappe et que face à celle-ci nous nous sentions passés date.<br />
Faites voler en éclats nos certitudes.<br />
Libérez-vous de la dictature de la pensé unique.<br />
Créez avec le sentiment d’être libre, de faire voir le monde tel que vous le percevez.<br />
Et par dessus tout, je vous en prie, ne nous prenez pas par la main.<br />
Au contraire, jetez-nous au centre d’un monde qui nous est étranger et que nous n’arrivons plus à voir avec nos yeux repus.<br />
Vous seuls pouvez vous affranchir des idées reçues et des banalités de notre monde consensuel dans lequel on vous invite de force à entrer.<br />
N’ayez pas peur de nous ennuyer.<br />
C’est nous qui avons tort.<br />
Qui ne savons plus ni voir ni écouter.<br />
Mais craignez plus que tout d’être la demie de vous-même en voulant nous plaire à tout prix.<br />
Cherchez la logique de votre temps.<br />
Et abattez là.</p>
<p>Christian Lapointe</p>
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		<title>Pour une parole artistique singulière</title>
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		<pubDate>Mon, 20 Sep 2010 16:30:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>premieracte</dc:creator>
				<category><![CDATA[Nouvelles]]></category>

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		<description><![CDATA[Un blogue  à Premier Acte ? Pourquoi, voulez-vous bien me dire, un blogue pour Premier Acte? À un moment où la culture semble de plus en plus vouloir se développer autour de sa seule fonction de divertissement, il nous semble à propos de mettre sur la toile un espace de discussion et d’interaction sur l’art [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Un blogue  à Premier Acte ?</p>
<p>Pourquoi, voulez-vous bien me dire, un blogue pour Premier Acte?</p>
<p>À un moment où la culture semble de plus en plus vouloir se développer autour de sa seule fonction de divertissement, il nous semble à propos de mettre sur la toile un espace de discussion et d’interaction sur l’art et la création, et sur la place que l’on veut bien leur laisser dans notre société de l’instantané, du facile et du jetable.</p>
<p>Pour alimenter cette discussion, et pour que ce blogue devienne un réel carrefour d’échange et de débats, nous avons choisi de le faire animer par non pas un, mais par cinq blogueurs. Alterneront donc ici, les écrits de Jean St-Hilaire – ex chroniqueur théâtre au quotidien Le Soleil -, Patrick Caux – dramaturge, ex chroniqueur au Devoir et assistant du metteur en scène Robert Lepage -, Christian Lapointe – auteur, metteur en scène et comédien -, Geneviève Boivin – responsable des communications et du développement à Premier Acte &#8211; et moi-même, Marc Gourdeau – directeur général et artistique de Premier Acte.</p>
<p><strong>De la  guimauve culturelle à saveur de « gomme baloune »?</strong></p>
<p><strong>Non merci</strong></p>
<p>Les choix de programmation que nous faisons, lesquelles sont évidemment conditionnés par les choix artistiques des jeunes créateurs qui nous proposent leurs œuvres, pourraient être perçus comme étant à contre courant, pas réellement dans l’air du temps.  À la facilité, on préfère la réflexion, à la sécurité, on préfère l’audace et le risque, à la rectitude, on préfère souvent l’irrévérence  et ce, on ose le croire, pour notre et votre plus grand bien et votre plus grand plaisir.</p>
<p>Nous laissons donc à d’autres &#8211; et quand je dis nous, j’inclus l’ensemble de notre communauté théâtrale – le loisir de ronronner paisiblement, d’ « entertainer » et de « peopoliser » confortablement et en toute sécurité. Nous leur laissons la guimauve culturelle à saveur de « gomme baloune » et les ritournelles vite apprises et vite oubliées.</p>
<p>L’art théâtral qui se développe et se pratique à Québec emprunte d’autres avenues. Et si certaines œuvres proposées sont exigeantes, si elles bousculent ou si à prime abord elles rebutent, et bien c’est tant mieux.</p>
<p>Nous osons croire que le théâtre, ou à tout le moins une majorité des œuvres théâtrales mises en scène ici, offrent une parole et une réflexion sur la vie et la condition humaine qui ont un autre objet que celui de nous conforter dans nos certitudes, ou dans celles auxquelles d’aucuns souhaiteraient que l’on adhère.</p>
<p>Évidemment, l’art théâtral ne se résume pas et ne se limite pas – et ne doit pas se limiter &#8211; à des prises de paroles radicales, dérangeantes ou novatrices. Force est toutefois de constater que, heureusement, c’est un choix de plus en plus fréquent assumé par la nouvelle génération de créateurs. Et cette génération d’artistes est la raison d’être de Premier Acte.</p>
<p>Sur ce, bonne saison théâtrale</p>
<p>Marc Gourdeau<br />
Directeur général et artistique<br />
Premier Acte</p>
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